Eloul – crucial mais je ne fais rien

Question:

Tout d’abord je vous remercie pour vos cours qui m’ouvrent vraiment un tout nouveau regard sur mon identité juive, mon lien avec Hachem et me donnent espoir. C’est la première fois que j’entends parler de cette façon-là du Judaïsme. Au sujet du mois d’Eloul, cela fait quelques années que j’entends qu’il s’agit d’un mois tout particulièrement grand et crucial mais, pour autant, je n’y fais rien de spécial. Que me conseillez-vous de faire? Merci encore.

Réponse:

Avec l’aide d’Hachem, dimanche 23 août 2020 (Ki Tetsé 5780).

A l’intention de Mme…,

Tout d’abord, sachez que votre question est en soi une magnifique réussite. Imaginez-vous la joie du Père voyant sa fille chercher à se rapprocher de Lui, la voyant se questionner “comment puis-je donner joie plus encore à mon Père?”. Quelle joie remplie le cœur du Père! Et lorsque cette recherche nait du beau milieu de l’obscurité de notre génération, quelle fierté cette fille suscite-t-elle aux yeux de son Père!

Concernant votre question, Rabbi Nathan lui-même l’a soulevée et dit une fois “viennent les jours d’Eloul, on brûle on brûle mais on ne fait rien”. Rabbi Nathan nous dévoile derrière ces mots que combien une personne s’enflamme combien aussi doit-elle prendre garde à donner à cette flamme la possibilité de s’habiller dans des gestes concrets par lesquels ce réveil trouvera pérennité en elle. Sans cela, il y a forte chance que la flamme ne s’éteigne aussi vite qu’elle ne s’est allumée.   

Ainsi, concrètement, en guise d’idée, je vous conseille de vous attacher à lire chaque jour du mois d’Eloul et jusqu’à Simh’at Thora le Psaume 27 des Téhilim et de procéder ainsi:

1) En apprendre le sens. Même partiellement c’est déjà grand.

2) Lire ce Psaume en méditant le sens des mots et les lire sur votre propre vie, vos propres défis, vos propres obstacles et habiller en eux vos volontés profondes de vous rapprocher d’Hachem (L. Moharan II, 101§). Ne les lisez pas comme vous liriez un livre d’histoire où une belle biographie, le Roi David n’a pas composé les Téhilim pour cela! Il les a composés en pensant aux guerres que chaque juif devra mener jusqu’à la fin des temps pour conduire sa mission ici-bas à bon port. Lorsque vous mentionnerez des ennemis, il ne s’agit pas de ceux de David mais des vôtres, en vous-même bien souvent, qui vous assaillent et tentent de vous empêcher de trouver ce joyau de pureté qui est votre Néchama. Et lorsque vous lirez des versets d’espoir il ne s’agit pas d’exprimer par leur biais l’espoir de David il fut un temps mais bien le vôtre. Il s’agit alors de donner vigueur, au travers des mots, à vos espérances de vous aussi un jour proche vaincre vos défis, vous rapprocher d’Hachem et rapprocher de Lui votre famille comme il se doit. Et ainsi de suite pour chaque verset.

3) Lorsqu’un verset vous parle particulièrement, vous interrompre et exprimer à Hachem dans vos propres mots, en langue française, les sentiments… que ce verset suscite en vous. Même si très courts et répétitifs parfois, ces appels dits dans vos mots vous ouvriront une toute nouvelle dimension dans votre lien avec Hachem.

Il s’agit là d’à peu près 5 minutes par jour mais au travers desquelles vous goûterez la douce lumière d’Eloul comme vous ne l’aviez jamais goûtée jusque-là. Car la lumière de ces grands jours trouvera cette fois ces minutes d’effort que vous lui consacrez pour s’habiller en elle et désormais vous accompagner, sans s’éteindre furtivement comme elle était venue.

Et pourquoi le Psaume 27? Car telle est la coutume juive voilà des siècles de lire le Psaume 27 en ces jours d’Eloul. Et si Hachem a fait que la grande majorité du peuple juif  lise spécifiquement ce Psaume 27 les jours d’Eloul, c’est à coup sûr parce qu’en ce Psaume tout particulièrement se trouvent les clés pour saisir le réveil et les forces  cachés derrière ces jours si cruciaux de notre calendrier. Le hasard n’existe pas et infiniment plus encore lorsqu’il s’agit des traditions ancestrales du Peuple Juif.

Si grand est ce qui se cache derrière la prononciation de ce Psaume en ces jours que nos Maîtres disent (voir Nité Gavriel, Eloul) celui qui lira ce Psaume chaque jour de Eloul jusqu’à Simhat Thora est assuré de sortir méritant du Jugement. Et “l’essentiel, c’est à partir de maintenant” comme nous l’enseigne Rabbi Nah’man.

De façon générale, les Enfants d’Israël ont l’habitude en ces jours de multiplier les lectures de Téhilim. Car dans les versets des Téhilim la force d’ouvrir toutes les portes de la Téchouva, comme le dévoile notre maître (L. Moharan, II, 73§): “L’essentiel de la Téchouva du Roi David est le livre des Téhilim qu’il prononça avec un profonde recherche et Rouah’ Hakodech, au point que tout un chacun, quel qu’il soit, peut se retrouver dans le livre des Téhilim et mériter de faire Téchouva par la lecture des Téhilim.”

Et il ajoute dans le même chapitre: “Par la lecture des Téhilim, même celui qui n’a aucun éveil à retourner vers Hachem se réveille à faire Téchouva et mérite aussi, par les Téhilim, d’arriver à sa porte et sa lettre et d’ouvrir la porte”, si grande est la portée des mots des Téhilim qu’en eux le pouvoir d’amener une personne de l’état de “cœur mort” à celui d'”ouvrir la porte”, d’arriver à sa destination, de faire une Téchouva entière! Si nous entendions réellement ces mots de notre maître, avec quel engouement et avec quel espoir saisirions-nous jour après jour notre livre de Téhilim!

Concernant enfin ces mots personnels que vous exprimerez avec l’aide d’Hachem au milieu de votre lecture, en eux aussi la force de vous amener absolument à toutes les destinations comme le dévoile Rabbi Nah’man (L. Moharan, II, 111§): “Par la prière on peut arriver à tout, à tout le bien, à la Thora, au service d’Hachem, à tous les niveaux de sainteté, à toutes les bonnes actions et à tous les bienfaits de tous les mondes”. Et il dit aussi (L. Moharan II, 25§): “La Hitbodédout est une vertu suprême, plus haute que tout”.

Je ne vous connais pas assez pour vous dire plus que cela, mais je suis sûr qu’en appliquant ces conseils de Rabbi Nahman de Breslev jour après jour avec cœur ou sans, petit à petit se clarifiera devant vous le chemin et les pas qu’il serait judicieux que vous fassiez le moment venu.  

L’essentiel est que, quoi qu’il arrive, vous gardiez sans cesse présent à l’esprit combien ce que vous faites pour Hachem, si petit que cela vous paraisse, même un mot, même une pensée, est sujet de fierté en Haut et vous fait avancer.  

Vous souhaitant réussite et bénédiction du Ciel ainsi qu’une kétiva véh’atima tova,

Michaël D. Tolédano

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