Histoires d'hommes

Une jeune femme se présenta une fois au Beït Din du Rav Nissim Karélitz chlit”a avec comme requête celle de divorcer de son jeune mari.
Le rav Karélitz s’enquerra auprès de la jeune mariée du pourquoi de sa requête. Celle-ci répondit qu’avant le mariage, on lui vanta de toutes parts que son futur mari était un élève modèle et faisait preuve d’une grande assiduité dans l’étude de la Thora, sur la base de quoi elle accepta de l’épouser. Or une fois mariée, elle découvrit à ses côtés un jeune-homme sans grand entrain pour l’étude ni ambition particulière.
Après quelques instants de réflexion, le rav Nissim Karélitz, l’une des sommités mondiales de la Halah”a (Loi juive) aujourd’hui et président de l’un des plus grands Beït Din au monde avec l’emploi du temps que cela suppose, se tourna vers la jeune dame et dans sa bouche une proposition: “Et si je fixais avec votre mari une étude régulière, lui et moi seul à seul en binôme, accepteriez-vous de ne pas divorcer?”. La jeune femme quelque peu émue comme surprise répondit que oui.
Ainsi donc, le rav Nissim Karélitz dégagea, au milieu de son emploi du temps des plus débordants au monde, une heure régulière pour étudier avec le jeune-homme, pourvu de faire résider la paix dans un foyer juif de plus.

Le Rav Ytsh’ak Weiss zatsa”l compte parmi les grandes autorités de la Halah’a (Loi juive) de la dernière génération. Lorsqu’il était encore jeune-homme, orphelin de son père, sa mère reçut nombre de propositions pour son brillant fils. L’une d’entre elles fit l’objet des louanges les plus vives de la part de l’intermédiaire (“Chadh’an”) au point que la maman décida d’accepter la proposition et de faire le voyage avec son fils pour donner suite. Une fois sur place, que ne fut sa stupéfaction de découvrir que la destinée à son fils avait un handicap que l’intermédiaire avait omis de lui mentionner. Sur le champ, elle fit signe à son fils qu’ils quittent les lieux pour trouver un autre parti. Toutefois, le jeune Ytsh’ak dit à sa mère que maintenant qu’ils sont venus, ce serait une grande honte pour la jeune fille qu’ils partent alors qu’elle, pour sa part, n’y est pour rien dans leur déception. Il affirma à sa mère que lui est prêt à se marier avec elle pourvu de ne pas lui causer une telle peine. Le mariage eut lieu et ils eurent un enfant, grand Talmid H’ah’am lui-même vivant encore aujourd’hui. La jeune épouse du Rav Weiss quitta ce monde lors de la deuxième guerre mondiale. Lui et son fils, par miracle, survécurent et vinrent en Terre d’Israël où il se remariât une seconde fois puis une troisième après le décès de sa seconde femme. Ni avec la seconde ni avec la troisième il n’eut d’enfants et des analyses tardives, fruit du progrès de la science, démontrèrent, que selon l’ordre naturel des choses, jamais il ne lui aurait été possible d’avoir des enfants. Le seul enfant qu’il eut, contre toutes les règles de la nature, fut donc l’enfant de la compassion et de la miséricorde. Le Yahrzeit du Rav Weiss zatsa”l tombe le 11 Sivan. Que son mérite nous protège!

“Heureux celui qui trouve son aide en Lui, qui met son espoir en Hachem” (Téhilim 146§)
La famille de Rabbi Nathan de Breslev se trouva une fois, la veille de Pessah’, sans le nécessaire pour la fête. Rabbi Nathan, affecté par cela, s’enferma dans une chambre pour y prier et supplier Hachem de le prendre en miséricorde et lui donner le nécessaire. Quelques moments après, il sortit de la chambre la joie lisible sur le visage et dit avec assurance à sa fille “Je ne sais pas d’où mais une chose est sûre cette fois, c’est que nous aurons tout le nécessaire pour la fête”. Et ainsi effectivement, quelques heures après, un des élèves de Rabbi Nathan, de façon tout à fait inattendue, toqua à la porte, tout le nécessaire entre ses mains à l’intention de son maître.
A une autre occasion, Rabbi Nathan s’exclama “Partout où je vois un manque, soit n’ont-ils pas prié, soit n’ont-ils pas prié assez!”
Rabbi Nah’man de Breslev enseigne qu’à la fête de Pessah’, la parole juive sort de son exil (Sih’ot Haran 88§). Il écrit par ailleurs que les jours de Pessah’ il est bon de prier à haute voix, d’y rentrer nos forces (Lykutey Moharan 201§). Ces jours sont des jours de renouveau dans la prière sous toutes ses formes. Que nous méritions, avec l’aide d’Hachem, de faire bon usage de ces grands jours et d’y renouer avec l’arme si douce de nos ancêtres!