Combien une personne pèse ses actes, ses paroles et ses pensées le jour du saint Chabbat, prenant soin de les sanctifier

Actes, paroles et pensées du Chabbat

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Rav Eliézer Chlomo Chik zatsal, Tsadik de Yavnéel – Communauté Breslev "Heïh'al Hakodech"

Combien une personne pèse ses actes, ses paroles et ses pensées le jour du saint Chabbat, prenant soin de les sanctifier et de les unir à Hachem autant que possible, combien ceux-ci donnent aux parties de son âme nommées “Néfesh”, “Rouah'”, “Néchama” la possibilité d’illuminer en lui et de lui dévoiler la présence d’Hachem à ses côtés.

Actes, paroles et pensées du Chabbat

 Les actes
La première chose est la sanctification des actes, prendre garde de n’enfreindre aucun des travaux du Chabbat et s’appliquer à accomplir en détail toutes les lois y attenant. Car chacune des lois du Chabbat, si anodine soit elle, ouvre à notre “Néfesh” une ornière de plus pour éclairer en nous la proximité d’Hachem. Car la force de la “Néfesh” d’éclairer dépend de la justesse de nos actes. 

C’est pourquoi il convient de régulièrement réviser les lois du Chabbat, chaque jour un petit peu, car sans une pleine maîtrise de ces lois, il est impossible de se prémunir complètement de tout impair.

Outre cela, en consacrant chaque jour quelques minutes à l’étude des lois du Chabbat, non seulement on peut parvenir à une excellente connaissance des lois mais en plus, on mérite de réaliser chaque jour la mitswa de se souvenir du Chabbat. Car nos Sages enseignent qu’il y a une mitswa de se rappeler le jour du Chabbat chacun des jours de la semaine. Et la propriété de cette mitswa est de donner à la sainteté du Chabbat la possibilité de pénétrer nos journées “profanes” afin d’y lever les voiles ambiants et de nous aider ainsi à y trouver Hachem. Tout cela par quelques minutes d’étude assidue, chaque jour, des lois du Chabbat. (Grâce à D. de nos jours les cours et les livres ne manquent pas et sont bien souvent d’une très grande clarté!)

La parole

Après cela, il est nécessaire de peaufiner sa parole le jour du Chabbat et que celle-ci ne soit consacrée autant que possible qu’à remplir de saintes intentions ainsi que nos Sages l’enseignent (Chabbat 113) “Que ta parole du Chabbat ne ressemble pas à ta parole des jours profanes”. L’investir dans la prière, l’étude, les chants du Chabbat, les paroles de Thora avec ses proches, le récit d’histoires de Tsadikim… Ce faisant, nous méritons de donner à notre “Rouah'” (seconde partie de notre âme) la possibilité d’influer en nous sa lumière originale. Car son pouvoir d’influer dépend de notre parole.

Ainsi, le Chabbat, est-il ô combien judicieux de se prémunir de toutes discussions légères et à fortiori frivoles ou moqueuses…car chacun alors se trouve dans la Cour du Roi et comment oserait-il y ouvrir sa bouche pour prononcer toutes sortes de paroles déplacées. De l’autre côté, l’étude de la Thora, les prières, les Téhilim… dits le Chabbat ont, pour leur part, eux aussi un tout autre poids et s’élèvent à des niveaux bien au-delà du commun. Au sein des Hassideï Breslev, il est coutume de dire, que la prière et la “Hitbodédut” du jour du Chabbat sont de toutes autres prières que celles des jours ordinaires. Car il est alors, avec un brin de recherche, bien plus facile de nouer un lien de “face à face” avec Hachem, et de Lui parler comme nous parlerions à un bon ami. Une telle prière fait très grande impression dans le Ciel et amène toutes sortes d’abondances, spirituelles comme matérielles.

Ainsi aussi, lors de l’étude de la Thora le jour du Chabbat, l’esprit s’ouvre et brille d’une lumière hors du commun de sorte que les enseignements de la Thora sont mieux compris et une douceur particulière les revêt.

Combien une personne prend ainsi soin de sa parole le jour du Chabbat, combien les voiles tombent et s’ouvrent devant elle de tous nouveaux horizons dans son vécu de la Emouna.

La pensée

Tout au long de la journée du Chabbat, il convient enfin, autant que possible, d’élever sa pensée, de se souvenir d’Hachem et de se réjouir d’avoir eu le si grand mérite de garder le Chabbat.

Il est aussi recommandé de repousser de soi toute pensée profane. Car même si selon le Talmud (Chabbat 113b) la chose est permise, toutefois, selon le saint Zohar, une grande importance est donnée à la garde de la pensée le jour du Chabbat, que celle-ci soit unie au Chabbat, au souvenir de la chance que nous avons de le garder, de la joie que nous procurons par cela à Hachem, de la proximité divine qui s’y dévoile, sans laisser notre pensée vaquer vers toutes sortes de sujets relevant des jours profanes.

Par cela, c’est cette fois la partie de notre âme nommée “Néchama” qui reçoit la possibilité de diffuser en nous sa lumière et de nous ouvrir les yeux et le cœur sur la Présence d’Hachem se trouvant autour de nous et dirigeant nos vies pour le meilleur dans les moindre de leurs détails.

 (D’après Sih’ot Moharoch 4e volume, Chabbat)