Chalom au Tsadik, mon bien-aimé, Je ne garde pas le Chabbat et je me rase la barbe à la lame

Je parle à Hachem, mets les Téfilin, lis les Téhilim mais je ne garde pas le Chabbat.

Rabbi_Eliezer_Shlomo_Schik

Rav Eliézer Chlomo Chik zatsal, Tsadik de Yavnéel – Communauté Breslev "Heïh'al Hakodech"

Extrait de la compilation de ses lettres “Chout Breslev”, 34e volume, p. 88:

Question de Nir:

Chalom au Tsadik, mon bien-aimé,

Je ne garde pas le Chabbat et je me rase la barbe à la lame, toutefois je fais “hitbodédut” (s’isoler pour parler et se confier à Hachem dans sa langue maternelle, conduite ordonnée par Rabbi Nah’man de Breslev), je mets les Téfilin et je lis les Téhilim. Grâce à D., j’ai un virement 

Rav Eliézer Chlomo Shik - Tamouz 2018

bancaire mensuel à la “Beït hatavchil” (sorte de “restos du cœur” où des repas sont distribués gratuitement tout au long de la journée aux habitants de Yavnéel, nombre d’entre eux démunis. Œuvre fruit de l’initiative du rav Chik et qui lui tint à cœur au point que dans ses dernières années il dit une fois que par le mérite de ceux qui la soutiennent il reste encore en vie. Existe encore aujourd’hui.), à la Yéchiva “Daméssek Eliézer”
(institution aussi du Rav Chik pour adolescents) ainsi qu’au “Keren Hadpassa” (fonds dédié à l’impression des écrits de Rabbi Nah’man ainsi que ceux de son élève le Rav Chik) et par cela je vous manifeste ma reconnaissance pour le courage que vous donnez à mon âme et à mon cœur fragile. J’aime beaucoup la musique classique jusqu’aux profondeurs de mon âme, y-a-t-il un problème à écouter ce genre de musique?

Merci d’avance, Nir.

Réponse:

Avec l’aide d’Hachem, le 10 Sivan 5774 (2014).

La paix et la bénédiction à Nir, que sa flamme brille,

J’ai bien reçu ta lettre.

Tu dois savoir que l’essentiel du Judaïsme dépend de la garde du Chabbat, car le Chabbat est le signe d’union liant Hachem au peuple d’Israël. Et celui qui mérite de garder le Chabbat reconnait par cela que c’est Hachem qui a créé le monde lors des six jours profanes et le Chabbat mit fin à la création. Nuls mots ne suffisent pour qualifier la grandeur de celui qui a la chance de garder le Chabbat au point que nos maîtres dirent (Traité Chabbat 118:) “Tout celui qui garde le Chabbat conformément à ses lois, même s’il fut idolâtre comme la génération de Enoch, cela lui est pardonné…”.

Et tu dois savoir qu’il est absolument impossible d’expliquer à autrui ce qu’est le Chabbat, car le jour du Chabbat, Hachem déverse ici-bas une lumière et un dévoilement d’une très grande envergure qui n’a pas son pareil dans les jours profanes. Et celui qui juste ouvre les yeux peut voir naître en lui le jour du Chabbat de tous nouveaux sentiments, autre chose complètement de ce qu’il connaissait jusque-là. Tout cela car le Chabbat et Hachem font un, ainsi que le rapporte le Zohar (Yitro 88): “Qu’est-ce que “Chabbat”? C’est le nom d’Hachem, nom entier de toute part”. Le Chabbat est lui-même le nom d’Hachem c’est-à-dire que le jour du Chabbat la lumière dévoilant la Présence divine dans le monde brille sans aucun voile, de sorte que si l’homme se préparait les jours de la semaine à l’encontre de la venue du Chabbat, il ressentirait le jour du Chabbat une lumière telle qu’il est absolument impossible de qualifier par des mots.

Pour cela, nous comptons chaque jour (en fin de prière du matin) l’avancée des jours de la semaine vers le Chabbat “aujourd’hui premier jour”, “aujourd’hui second jour”… afin d’à chaque fois ajouter joie sur joie jusqu’au Chabbat où nous parvenons alors à l’apothéose de la joie et du plaisir. Ainsi, le Zohar (Pékoudeï 258) rapporte le verset de Kohélét (8,15) [où le roi Salomon dit] “Je loue la joie car il n’y a rien de bien pour l’homme ici-bas que de manger, boire et se réjouir et de tous les efforts fournis lors de la vie qu’Hachem lui a donné ici-bas, c’est cela qui l’accompagnera” et explique que celui-ci se rapporte au jour du Chabbat où il est alors une très grande mitswa de manger, de se délecter des plaisirs du Chabbat et de se réjouir avec Hachem. Et par le mérite de cela, [dévoile le verset à la lumière de ces mots du Zohar] chacun méritera d’accéder au monde futur.

Et notre maître (Rabbi Nah’man de Breslev) s’est déjà exclamé (Hayé Mohar’an 32§) “Pourquoi ne serais-tu pas joyeux tout le Chabbat? Qu’est-il nécessaire de faire le jour du Chabbat? Uniquement manger et se réjouir, comme il est dit (Chémot 16,25) “Dit Moché, mangez aujourd’hui car aujourd’hui Chabbat pour Hachem, ne vous trouvez pas dans le champ”. Qu’est-ce qu’Hachem nous dit en tout et pour tout? Les enfants! Mangez car Chabbat aujourd’hui, et même cela nous ne pouvons le faire?”.

Et ainsi aussi a dit notre maître (Lykutey Moh’aran, II, 17§): Il faut prendre grande garde à n’être que joyeux et de bon cœur le jour du Chabbat, car la grandeur et la sainteté du Chabbat est très grande et tant valeureuse qu’il est absolument impossible de la qualifier, et il faut se comporter le jour du saint Chabbat avec une grande joie sans ne jamais montrer de quelconque tristesse ou souci, mais uniquement se délecter avec Hachem et multiplier les délices du Chabbat sous toutes leurs formes, aliments, boissons, habits, chacun selon ses capacités, car les repas du Chabbat sont complètement spirituels, entièrement saints et montent à un lieu [dans les mondes supérieurs] tout autre que les repas des jours communs.

Et si tu savais ce qu’est être joyeux le jour du Chabbat, tu ne cesserais, tout le long du Chabbat, de danser de joie d’avoir mérité d’être un juif croyant en Hachem et le Chabbat serait cher à tes yeux.

Qu’Hachem te donne le recul nécessaire et que tu commences à garder le Chabbat. Toutes les bénédictions viennent du Chabbat comme le dirent nos Sages (Béréchit Raba 11,1§) sur le verset “La bénédiction d’Hachem rend riche et, avec elle, l’homme ne rencontre plus la tristesse” – “La bénédiction d’Hachem rend riche” c’est le Chabbat comme il est dit “Hachem a béni le septième jour”.

Te souhaitant bénédiction et réussite du Ciel…

Prière d’un chercheur:

Maître du monde, aide-moi s.t.p. à Te demander chaque jour de plus belle de me donner la joie, joie de la vie que Tu me donnes, joie d’avoir la chance d’être ton fils/ta fille, joie d’avoir mérité une vie de sens, une vie éternelle où la mort n’est qu’un passage, une vie où je peux Te donner tellement satisfaction et avec si peu… Et une fois la joie née en moi, aide-moi à ne pas m’arrêter là mais donne-moi l’audace de continuer et de Te demander de la faire s’étendre en moi de la tête aux pieds jusqu’à ce que j’en vienne à danser de ma chance. Et tout particulièrement le Chabbat, donne-moi l’intelligence et la présence d’esprit de me réjouir et de méditer ma chance en ce grand jour où Tu n’attends que de Te dévoiler à moi…   

Extrait du livre “Mékor Hasimh’a”, art. 93:

Acquérir pleinement l’attribut de la joie n’est possible que par la prière, s’habituer à toujours parler avec Hachem et Lui demander avec constance, dans sa langue usuelle, de nous faire mériter d’être joyeux. Et demander que notre joie s’étende et se répande en nous de la tête aux pieds. Car la joie est une lumière spirituelle merveilleuse venant des mondes spirituels les plus hauts et la saisir et l’amener à soi n’est possible que par la conception de “réceptacles” pouvant la recevoir. Or la prière est le “réceptacle” par excellence par lequel nous recevons toutes les saintetés possibles et en particulier celle de la joie.
Ainsi, lorsque tu demanderas la joie chaque jour, chaque heure, tu mériteras alors d’être en permanence joyeux et la joie illuminera de ton visage.